Zone de Texte: Deux mots sur la sophrologie





« La sophrologie consiste en une nouvelle école qui étudie les modifications et les phénomènes de la conscience humaine, obtenus à l'aide de procédés psychologiques, à des fins thérapeutiques », telle est la définition du néologisme (mot nouveau) forgé en 1960 par le médecin colombien Alfonso Caycedo à partir du nom grec de la sagesse liée à la santé de l'esprit (sôphrôn) ;

La sophrologie se veut donc une étude des moyens d'atteindre un équilibre personnel satisfaisant. C'est une méthode qui vise à dominer les malaises psychiques et la douleur. Elle consiste en l'étude des changements d’états de conscience de l’homme obtenus par des moyens psychologiques, et de leurs possibilités d’application thérapeutique (rêve, relaxation, hypnose, etc.).

Ce nouveau nom viserait, d’après son fondateur, à laver la technique de l'hypnotisme des relents d'occultisme et de charlatanerie dont elle serait entachée, comme si l’hypnothérapie dont je viens de vous parler, faisait état de telles pratiques… Je pense que les sophrologues qui abondent dans ce genre de propos gagneraient beaucoup à se recycler ! Le sophrologue n'use pas de passes magnétiques (pas davantage que tout hypnotiseur sérieux), il se contente de suggestions et de la méthode de contraste des couleurs soi-disant inventée par l'hypnotiseur M.évy-Suhl en 1908, alors que ces connaissances remontent à plusieurs siècles, leur origine en étant indéterminable ! Ceci dit, la suggestion est une pratique millénaire des hypnotiseurs, donc ?

La sophrologie se présente comme une méthode de relaxation mentale et physique. Elle est inspirée des techniques orientales (zen, yoga) et des thérapies hypno-suggestives.

La sophrologie se veut aussi doctrine philosophique devant renouveler la connaissance du psychisme humain qui allierait les messages de l'Orient à ceux de l'Occident ; elle n'intégrerait pas uniquement un hypnotisme renouvelé, mais « vaudou, le macumba, le yoga, le zen, les états d'extase, les pratiques de l'anyekoka au Groenland, du piache en Guyane, celles des Machis (pratiqué au Chili méridional), toutes les formes de relaxation (Caycedo, Guyonnaud, de Schultz, Stokvis, Kretschmer, Jacobson, Aiginger, Jarreau et Mme, Ajuriaguera, Lemaire, Mme), la musicothérapie, les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, la méthode de Coué et celle de Vittoz », tel est ce qu’affirme J.-P.Guyonnaud.

Mais ce n’est pas tout : elle se donne comme précurseurs les maîtres de l'école de Nancy que sont Liébault et Bernheim, Pavlov et Schultz (1884-1970) ; ses représentants sont des médecins et surtout des dentistes de Madrid, de Barcelone, d'Amérique du Sud ; en France, des Cahiers de sophrologie paraissent à Megève depuis 1972. Il est incontestable qu’avec un tel amalgame de nombreux naïfs seront impressionnés ! Mais en quoi consiste-t-elle réellement ?

Sa pratique consiste à détendre totalement le sujet et l'inviter à « descendre » au fond de « lui-même », dans une zone de conscience intermédiaire entre la veille et le sommeil.

Une fois ce résultat atteint, le sophrologue suggère au patient un certain nombre de modifications, telles que la disparition des bruits, des couleurs, l'installation d'un état de calme intérieur. Dans les exercices finals, de longues périodes de silence sont consacrées à la méditation. La sophrologie agirait avec succès sur les états anxieux.

Il est possible que la sophrologie soit bénéfique pour certains cas, ne serait-ce que par autosuggestion. En tout cas, les « écoles de sophrologie » fleurissent dans le monde occidental et les interventions, contrairement à l'hypnothérapie, ne sont pas gratuites.

La pratique de la sophrologie est à la portée de tous ou presque. Aucune aptitude particulière n'est demandée malgré l’impressionnant amalgame de techniques dont elle prétend « s’inspirer », si ce n'est celle de pouvoir payer une formation, somme toute assez coûteuse !
	
Je considère plus cette technique comme un sous-produit du Yoga et du zen s’appuyant sur des pratiques utilisées en psychiatrie. Elle est plus ou moins bien adaptée au mode de pensée occidentale. Son mode d'action relève en de nombreux points de l’autosuggestion, il n'est pas sans rappeler les suggestions hypnotiques pratiquées en psychiatrie (1er degré d'hypnose).

Comme pour la psychiatrie et la psychanalyse, les traitements sont très longs, et souvent très chers. Dans certains milieux snobs en Suisse, et de plus en plus en France, pratiquer la sophrologie c'est se valoriser par rapport au commun des mortels : mais n'est-ce pas là qu'une illusion coûteuse ?

Sans mettre en doute certaines vertus de la méditation pratiquée en sophrologie pour les personnes introverties, je la considère mal adaptée au mode de pensée occidentale et trop éloignée de celui des Orientaux.

Elle doit certainement convenir à ceux qui, par ignorance, manifestent une peur de l’hypnose.


Différences fondamentales entre sophrologie et hypnothérapie



Il ne faut donc pas confondre la sophrologie avec l'hypnotisme.

L'hypnothérapie est une technique naturelle directe, dont les résultats sont immédiats. Elle agit directement au niveau du corps astral alors que la sophrologie se cantonne au corps physique avec quelques approches au niveau du corps éthérique (tentative de modification du mode de pensée par la méditation).

L'hypnothérapie ne provoque aucune scission entre le patient et son environnement, bien au contraire, les échanges énergétiques sont préconisés, ou pour le moins reconnus, ce que j’explique au paragraphe suivant.

Le patient n'est pas « poussé » à se considérer comme le « centre du monde ». Il est appelé à se prendre en charge lui-même après un « redémarrage » de ses fonctions naturelles.

En aucun cas l'hypnothérapie ne vise à modifier la personnalité ou mode de pensée du patient : le respect de la personnalité individuelle est prioritaire.

Donc, même si la sophrologie s'inspire sournoisement de certaines techniques suggestives couramment utilisées en hypnothérapie, ces deux techniques n'ont rien de commun.

S'il existe certaines ressemblances entre la sophrologie et l'hypnothérapie, par contre, les oppositions ne manquent pas : vitesse d'action, « profondeur » des interventions, participation financière, attaches à des philosophies religieuses (aucune en hypnothérapie) ou de certaines sectes, simplicité d'application (quelques secondes, parfois minutes, pour l'hypnose), aspect initiatique (nul pour l'hypnose).

Le principal handicap pour l'hypnothérapie est qu'elle exige des aptitudes particulières du praticien qui fait aussi « don de lui-même ». Ses deux principaux avantages sont son efficience (résultats immédiats avec un fort pourcentage de réussites), et sa gratuité.

Les deux principaux handicaps de la sophrologie consistent en sa lenteur et son prix de revient élevé pour des résultats difficiles à vérifier (de nombreux troubles se guérissent d'eux-mêmes à long ou moyen terme, sans pouvoir être imputés à une quelconque thérapie, ce n'est pas un mystère mais simplement le résultat des actions naturelles du corps astral ou éthérique).

Les deux principaux avantages de la sophrologie résident dans le fait qu'elle est praticable par n'importe qui avec un peu de patience, et, financièrement, elle est très lucrative, pour le praticien !
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